Moins jeter la bonne idée

Témoignages

Viviane, animatrice à l'association "Les Voisines" à Grenoble

"Les Voisines", qu’est-ce-que c’est ?

"C’est une association qui a été créée pour aider les gens à donner une seconde vie aux objets et ustensiles de la vie courante. Par exemple, le tambour d’une machine à laver devient tabouret, une chaise fatiguée retrouve tout son éclat pour trôner dans une cuisine revigorée, des tombées de planches se transforment en étagères cosy pour orner et raviver les murs d’un salon".

 

Que peut-on encore apprendre grâce à l’association ?

"Chez « Les Voisines », on vient... en voisin (!)  apprendre à rafraîchir des meubles et des vêtements, à créer des objets à partir d’emballages, à utiliser des vêtements récupérés, des tissus et des rubans sauvés du rebut et des boutons sortis de l’oubli".

 

Peut-on trouver aussi des services particuliers ?

"Oui, car en plus des démonstrations et des conseils de « déco récup’ », les Voisines proposent la possibilité d’apporter la photo d’un meuble ou d’un objet pour aider leur propriétaire à trouver les idées et les techniques de réemploi et de « relooking ». Un réemploi vraiment créatif à la portée de toutes les bourses !".

 

Les Voisines, 36 rue Nicolas Chorier – Grenoble. Infos : lesvoisines.org

Corine Manzotti, intendante du lycée Emmanuel Mounier

Depuis 2013, ce lycée grenoblois est équipé d’un système de compostage pour les déchets de sa cuisine et de sa cantine.

La réalisation d'un système de compostage est-elle difficile à mettre en place dans un lycée ?

« Non, c’était plutôt simple. Le plus long a été de former les élèves et les personnels pour qu’ils aient le réflexe de trier leur plateau à la sortie du self. Durant un mois, ma collègue et moi, avons surveillé que les bonnes habitudes de tri soient prises. Et puis nous avons aussi fait appel à M. Boulloud, responsable des messagers du tri à la Métro, pour former nos agents de service. Cette formation a été très instructive. »

Concrètement, quels sont les avantages pour le lycée ?  

« C’est moins de déchets mis dans les poubelles grises et une valorisation de déchets qu'on n'imagine pas vouer à cette cause. Par exemple, 25200 serviettes en papier étaient jetées auparavant, maintenant nous les compostons !

L'an dernier, nous avons rempli 3 bacs de compost de 1 000 litres, et au final, en septembre, un seul bac subsiste car les déchets compostés se réduisent considérablement avec le temps. Quant au compost obtenu, on aimerait le donner aux personnels intéressés ou s'en servir pour créer un jardin pédagogique ! Enfin, on s'aperçoit que les élèves sont très réceptifs et plutôt contents de contribuer à une cause environnementale. Ils jouent le jeu avec plaisir et les habitudes ont vite été prises. »

Quels bons conseils donneriez-vous à d'autres établissements qui voudraient avoir la même initiative, mais ne sauraient pas s'y prendre ?

« Se rapprocher de La Métro, et particulièrement de M. Boulloud, qui est un partenaire hors pair !

Il faut bien réfléchir à l'endroit où seront mis les composteurs. Il n'y a pas d'odeur, mais quelques petites mouches. Au final, le compostage, c'est un jeu d'enfants ! »

Michèle Ragache, habitante de Seyssinet et présidente de l’UFC-Que Choisir Isère

Comment parvenez-vous à consommer moins de produits nocifs ?

« Ma philosophie : moins j’achète et mieux je me porte ! Pour limiter ma consommation de produits nocifs, j’ai participé à l’atelier de fabrication de produits d’entretien naturels proposé par l’ALEC. J’ai appris que l’on pouvait faire beaucoup de choses soi-même et que la nature nous donne aussi tout ce qu’il faut, il suffit juste de le savoir !

Le bicarbonate et le vinaigre blanc sont devenus mes produits d’entretien au quotidien. Le premier sert par exemple à déboucher un évier, le second permet de décaper, détartrer et nettoyer.

Autre petite astuce pas si connue : les rhizomes d’Iris (tiges souterraines) séchés et réduits en poudre permettent de faire un très bon désodorisant naturel !

En qui concerne l’entretien de mon jardin bio, j’utilise mon compost et arrose avec de l’eau de pluie que je récupère, mais je remplace aussi l’engrais par de la tisane de fleurs de pissenlits ou d’orties. C'est efficace, ça ne coûte rien et ni la terre, ni moi, ne sommes intoxiquées par des produits nocifs.

Enfin, dernière astuce : pour nettoyer mes vitres, pas besoin de produit ! Avec une microfibre spécifique et de l’eau, même de pluie, pas une trace !

Alors qu’on ne me parle pas de lingettes ! Elles sont onéreuses, toxiques et finissent en déchets polluants !

Il existe de nombreuses idées pour faire des économies, engendrer moins de déchets et protéger notre santé et la nature… À vous d’essayer ! ».

Hakim Bendellaa, messager du tri à la Métro

Quel est votre rôle ?

«  Nous sommes actuellement six messagers du tri de la communauté d’agglomération. Notre mission : sensibiliser les petits et les grands à la réduction et au tri des déchets, à travers des animations, des jeux, des débats, du porte à porte… Nous intervenons dans les écoles, les centres de loisirs, les centres sociaux, mais aussi dans les quartiers à la demande des bailleurs, des associations ou des syndics par exemple ».

 

Pourquoi est-il important de réduire les emballages ?

« Selon notre étude « mini-maxi déchets », un chariot avec des produits peu emballés pèse 56% de moins en emballages et coûte au consommateur 34% moins cher que le chariot avec les mêmes types de produits mais suremballés ! Nous essayons toutefois de ne pas culpabiliser les gens, nous faisons tous comme nous pouvons, mais dans le contexte actuel, toute économie est bonne à prendre non ? »

 

Quels exemples de petits gestes faciles à mettre en place pouvez-vous donner pour réduire les emballages ?

« Pourquoi prendre des biscuits emballés à l’unité dans des sachets, alors que cela coûte plus cher et génère bien plus de déchets qu’une tranche de pain avec une barre de chocolat comme nous avions l’habitude d’en prendre quand nous étions petits.

Pour emmener une compote, au lieu d’une petite gourde jetable, il vaut mieux acheter des grands pots et en mettre une part dans une boite en plastique ou acheter des gourdes réutilisables qui se trouvent maintenant assez facilement.

À Grenoble nous avons l’une des meilleures eau potable de France ! Pourquoi aller acheter des bouteilles d’eau qui coûtent plus cher et encombrent nos poubelles ?

Dernier conseil : regardez le prix au kilo ou au litre des produits suremballés, comme par exemple les sachets de riz individuels, par rapport au même riz en paquet, le prix explose et les déchets aussi ! ».

Corinne Rolland, conseillère en économie sociale et familiale au CCAS de Fontaine

Pouvez-vous nous présenter votre projet « Confitures solidaires » ?

« Ce projet a vu le jour en 2010. Le principe : récupérer gratuitement les fruits abimés auprès des quatre commerçants du marché du Mail Marcel Cachin à Fontaine, afin de confectionner des confitures avec l’aide d’habitants volontaires. Une fois réalisées, les confitures sont troquées contre des produits d’hygiène ou des denrées non périssables, qui seront ensuite remis aux Restos du cœur et au Secours populaire.

Tout le monde peut ainsi venir échanger sa boite de conserve contre un pot de confiture « fait-maison ». Une quinzaine de bénévoles se retrouvent ainsi à chaque atelier et réalisent une cinquantaine de pots. Certains viennent pour la première fois. D’autres sont des habitués de la première heure. Ils participent ainsi à réduire le gaspillage alimentaire en réutilisant des fruits destinés à la poubelle.

Ce projet est très intéressant sur tous les plans et est totalement reproductible par d’autres structures car il nécessite peu de moyens ! En juin dernier, l’action a d’ailleurs été primée par l’ADEME, lors des rencontres nationales de la prévention et de la planification des déchets ».