Moins jeter la bonne idée

Portrait de Clémentine, 33 ans. "Ca fait partie de l'éducation que je veux transmettre à mon fils"

Pouvez-vous nous parler de votre blog en quelques mots ? Comment est-il né ? Qu’y trouve-ton ?

J’ai commencé à bloguer il y a au moins 10 ans ! Au début c’était plutôt un blog personnel pour partager avec des amis qui étaient loin etc. Après j’ai eu un blog qui s’appelait « Clémentine récupère » mais était très tourné DIY et j’ai fini par être frustrée de ne pas pouvoir parler d’autre chose. A un moment j’ai donc eu 3 blogs ! Et puis, j’ai tout rapatrié sur Clémentine la Mandarine il y a 4 ans.

Ce blog parle d’écologie au quotidien et d’un point de vue citoyen. Je ne parle pas de ce que devraient faire les entreprises ou les gouvernements mais de ce qu’on peut faire, nous, en tant que citoyens. Je parle aussi beaucoup de bienveillance, de rapport à la nature car j’ai un fils de 6 ans et que ça compte beaucoup pour moi dans l’éducation que je veux lui transmettre. Il y a aussi un aspect créatif : comment faire ce dont j’ai besoin sans avoir recours à la consommation.

Par exemple, en ce moment avec mon fils, on tient un carnet d’observation de la nature. Et bien ce carnet, on va le fabriquer plutôt que d’aller l’acheter.

Quels sont les gestes que vous avez adopté pour moins jeter au quotidien ?

On essaie d’avoir une démarche globale. J’ai lu pas mal de livres sur le zéro déchet, notamment celui de Béa Johnson. Mais ce qui me dérange c’est que parfois, elle raconte qu’elle fait 40km pour aller faire des courses. Nous, on s’inscrit dans une démarche plus globale : on essaie d’être vegans, locavores, zéro déchet et de consommer bio. Sans faire pour autant aucune de ces choses à 100%.

Concrètement, toutes les semaines on planifie les menus pour tous les repas de toute la semaine à venir. On fait ça tous les 3, en famille, car ça fait aussi partie de l’éducation qu’on veut donner à notre fils. Ça nous permet de lui expliquer qu’on achète pas des tomates au mois de janvier ou que ce n’est pas sain de manger des pâtes à tous les repas. Donc chacun exprime ce qu’il a envie de manger cette semaine, puis on fait les courses.

On achète tout ce qu’on peut au marché Hoche. On y va avec nos sacs à vracs et nos bocaux. On va faire nos courses à pied avec un caddie de mamie. Avant de partir on empile tous nos bocaux dans le caddie et on les ré-empile au fur et à mesure de nos achats. C’est sûr qu’on prépare nos courses à l’avance et qu’on n’y va pas les mains dans les poches !

Concernant les déchets alimentaires, j’ai deux petits potagers en carrés sur mon balcon où je fais de la culture en lasagnes. J’y mets tous les déchets de cuisine que je recouvre ensuite de foin. Je n’ai pas de retours pour l’instant car j’ai commencé en septembre.

Sinon, on n’utilise pas d’aluminium, ni de film plastique. En fait on a banni le plastique de la cuisine et on utilise beaucoup de bocaux et de boites en verre. Chaque membre de la famille a une gourde. Mon fils emmène sa lunch box à l’école tous les jours. On a aussi des pochettes en tissus pour le goûter, pas mal de boîtes en inox pour la rando. Bref, on s’équipe petit à petit…

On est vraiment dans une démarche minimaliste où chaque achat est réfléchi. On achète beaucoup en seconde main, notamment pour les vêtements de mon fils parce qu’il grandit vite. En ce moment, on réfléchit à acheter un smartphone d’occasion via un site de reconditionnement par exemple. On loue aussi quand c’est possible. Mon conjoint et moi, sommes équipés de vélo Métrovélo. Pour nous, louer, c’est aussi une démarche zéro déchet.

Pour mon fils, chaque année on achète un vélo au marché de Noël Square Docteur Martin auprès du Collectif Deuxième Acte. C’est super, ils sont refaits à neuf, nettoyés, sécurisés. En plus, ils font travailler des personnes en réinsertion. Il y a la fois une dimension écolo et sociale.

Quels sont vos conseils pour des courses zéro déchets dans l’agglo ?

Il y a évidemment La Bonne Pioche. Nous on va beaucoup au Satoriz de Saint-Martin-d'Hères. Ils prennent les sacs en tissus pour le pain et le vrac sans problème mais ils ne font pas la tare. Pour un sac d’oranges, ça ne pose pas de problèmes mais pour des choses plus chères comme le gingembre c’est plus embêtant. 

Sinon, globalement, les petits commerçants sont très ouverts. La boulangerie des Cairns, rue Abbé Grégoire prend les sacs en tissus sans problème.

Après, il faut aussi penser au troc entre amis. Quand on a des enfants d’âges différents, ça peut être très intéressant. Récemment j’ai échangé une paire de bottes après ski à une amie couturière contre un jogging cousu main avec de grandes poches pour mon fils qui fait de l’escalade. On en est ravis !