Moins jeter la bonne idée

La collecte des déchets alimentaires à domicile, la porte ouverte au changement

Quand les déchets produisent de grandes idées

Tous les ans, chaque habitant de la métropole grenobloise produit à lui seul 60 kilos de déchets alimentaires. Ces derniers représentent 30% du poids de nos ordures ménagères. Dans le cadre du schéma directeur des déchets 2020-2030 qui prévoit de réduire les ordures ménagères de moitié d’ici à 2030, plusieurs opérations expérimentales ont été menées par la Métropole. Depuis novembre 2017, les habitants et quelques commerçants du quartier de la Capuche à Grenoble, tout comme les résidents du quartier pavillonnaire de la Commanderie à Échirolles, sont invités à s’engager dans une nouvelle démarche de collecte des déchets, pour une durée de 1 an.

C’est nouveau, le tri livré en kit

Un « kit du trieur » a été distribué à domicile par les agents de la Métropole et de nouveaux bacs marron ont vu le jour dans les quartiers concernés par l’opération. Dans le kit, un bio-seau ajouré, des sacs 100% compostables, et des consignes de tri simples et ludiques : épluchures de patate, tête de poisson, pain rassis, marc de café, gras du jambon… tous vos restes et vos produits périmés sans emballage vont tout droit dans le bio-seau pendant 3 ou 4 jours. Il faut ensuite jeter vos sacs remplis dans les conteneurs marron, pour lesquels le ramassage a lieu une fois par semaine.

Près de 3200 foyers et quelques commerces ont bénéficié gratuitement de cette opération qui a permis l’acheminement des déchets alimentaires au centre de compostage de Murianette, nécessaire pour obtenir un compost de qualité pour les cultures maraîchères.

Une autre opération pilote, dans l’hypercentre grenoblois cette fois-ci, a permis de toucher une cinquantaine d’autres commerçants pour la collecte des déchets alimentaires et également des cartons.

Bio-seau, le cercle vertueux

Le bio-seau, c’est 7 litres gratuits pour jeter les épluchures et coquilles d’œuf, les déchets carnés, et les produits périmés : une taille optimale qui permet de le placer sur un plan de travail ou dans l’évier de la cuisine. Rinçage à l’eau et passage au lave-vaisselle possible : un outil du quotidien qui simplifie le geste de tri de nos déchets alimentaires. Il est recommandé de bien sortir le sac tous les 3 ou 4 jours pour éviter les mauvaises odeurs.

Si vous habitez les quartiers concernés, à vous de l’adopter ! Vous pouvez d’ailleurs vous en servir en parallèle d’un composteur dans votre jardin, pour mettre les déchets carnés par exemple. Les sacs 100% compostables sont mis à disposition gratuitement dans certains commerces de la Capuche et en mairie à la Commanderie.

Si vous habitez en dehors du périmètre de cette opération pilote, vous pouvez vous mettre au compostage. Même en logement collectif c’est possible avec le lombricompostage ou le compostage partagé. La Métropole vous accompagne avec des ateliers gratuits à retrouver dans l’agenda.

Un bilan très encourageant

Lors de ces derniers mois, la mesure quotidienne d’un certain nombre d’informations a permis de voir si le dispositif global était suffisamment convaincant pour préfigurer le service public de demain. Premiers constats : les bio-seaux ont été bien accueillis par les usagers. Dans le quartier de la Capuche, si les quantités triées sont encore inférieures aux objectifs fixés, elles restent satisfaisantes : la moitié des poubelles distribuées sont régulièrement présentées à la collecte, et les déchets alimentaires collectés sont de très bonne qualité ! Ces informations permettent de poser un premier diagnostic essentiel pour optimiser ce nouveau dispositif, qui sera mis en place de façon définitive sur l’ensemble du territoire de la métropole entre 2019 à 2021. 

Du déchet alimentaire à la ressource d’énergie, il n’y a qu’un pas

Trier nos déchets alimentaires permet de produire un compost de qualité pour enrichir la terre des plantations de légumes des maraîchers locaux. A terme, cette collecte permettra aussi de  produire une énergie renouvelable (le biogaz), qui pourrait recouvrir les besoins en énergie de 700 logements de 100 m2 ou alimenter en carburant des bus et des bennes à ordures ménagères.